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~ Viva el cinema ~


Inglourious Basterds

Publié par Oriane sur 24 Août 2009, 18:53pm

Catégories : #Critique

Universal Pictures International France

Tarantino l'a promis et il l'a fait ! 8 mois, c'est le temps qu'il lui aura fallu pour nous livrer son nouveau film déjà couvert de lauriers (un prix d'interprétation à Cannes tout de même). De prime abord, la nouveauté n'est pas représentée dans sa réalisation, toujours en chapitres indépendants les uns des autres, mais par son sujet. Le maestro s'attaque en effet au film de genre, de guerre ici. Et quel traitement ! Tarantino réécrit tout simplement l'Histoire en tuant Hitler et comme c'est du Tarantino pur et dur, le dictateur ne meurt pas sagement dans son coin... non, il est laminé sur place tel une vulgaire poupée de baudruche. Il ne réécrit pas seulement ce passage de l'histoire mais un autre peut être encore plus gros : les juifs américains vainqueurs de la seconde guerre mondiale. Il fallait oser quand même. Mais le spectateur accepte toute cette mascarade historique car tout ceci est tournée à la dérision : c'est une fiction et Tarantino le fait bien comprendre en mélangeant les genres. C'est d'ailleurs une spécialité très tarantinesque ce fameux mélange des genres. Ici nous passons d'une séquence d'ouverture digne des westerns spaghetti d'antan (grandes focales, entrevue qui vire au duel, etc) au film policier français. Finalement dans ce mélange très hétéroclite, il y en a pour tous les goûts et c'est ce qui donne la puissance du film.  

Mélanie Laurent. Universal Pictures International France Cette puissance vient aussi du jeu des  acteurs : comment  oublier ce sadique colonel allemand Hans Landa  (impressionnant Christopher Waltz) qui          s'amuse à martyriser ses pauvres victimes à  coups de beaux verbes et de suspense  insoutenable (la séquence du verre de lait  est un bel exemple). Si Christopher Waltz  sort son épine du jeu, il ne faut surtout pas  nier le talent des autres : Mélanie Laurent, l  la vengeresse juive,  Brad Pitt, le balourd amerloc mais sympathique, Diane Kruger, l'espionne allemande. A y regarder de plus près toute cette galerie de personnes atypiques a de près ou de loin un rapport avec le cinéma : critique, tenancière d'un cinéma, projectionniste, réalisateurs italiens, comédienne car avec son Inglourious Basterds, notre cher Tarantino fait sa déclaration d'amour au cinéma. D'ailleurs, c'est pas pour rien que le chapitre final se déroule dans une salle de cinéma. Tout son art y est convoqué dans cette ultime jouxte : dextérité de la parole (cinéma très bavard, polyglotte même), violence absurde, amour de la pellicule. Cependant on ressent que Tarantino semble aller vers un cap nouveau, un cinéma peut être moins citationnel, moins ancré dans la culture pop. Vers une nouvelle ère ? Toutes ces qualités qu'on peut reconnaître à Inglourious Basterds ne font pas que je l'ai aimé, pour moi, c'est un Tarantino sobre malgré toutes les horreurs qu'on peut y voir (scalpages, fusillades ultra sanglantes et j'en passe) moins jouissif (je m'étais tellement habituée aux folles courses poursuites de Death Proof) et doté d'un BO pas si kiffante que ça (à côté de Bang, Bang de Kill Bill, celles-ci ne font pas le poids).

Bref un bon Tarantino pour les fans les plus avertis mais beaucoup moins virevoltant que les autres. A quand le prochain ?

Christoph Waltz et Denis Menochet. Universal Pictures International France

 

 

 

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C
C'est vrai que Christoph Waltz est vraiment impec' en Hans Landa ! Ma séquence préférée avec lui est celle où il retrouve Mélanie Laurent et où il lui offre un verre de lait, c'est vraiment d'un suspens insoutenable (est-ce que le verre de lait sera froid ? chaud ? lol non, je veux dire : est-ce qu'il va la tuer ? est-ce qu'il l'a vraiment reconnu ou pas ?). Mais c'est vrai que dans son ensemble, le film est decevant. J'attendais aussi plus de musique culte et de n'importe quoi jouissif, mais il n'y en a pas vraiment eu (ou très peu)...
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